La Calomnie de Sandro Botticelli

  • 10-02-2015
  • Guillaume Garnier
  • Botticelli, Calomnie, Apelle, Florence, peinture

Exécuté vers 1495, « La Calomnie » est le dernier tableau profane de Botticelli, que vous pouvez admirer à la Galerie des Offices de Florence. L’artiste a choisi de transposer la description d’une peinture disparue faite par l’auteur antique Lucien dans son traité intitulé « Qu’il ne faut pas croire légèrement à la délation ». Ce dernier raconte comment un peintre antique grec nommé Apelle, fut victime de la calomnie. Il fut accusé à tord d’avoir conspiré contre son roi avant d’être réhabilité et innocenté. Par vengeance, nous dit Lucien, il eut l’idée de représenter en peinture ce qu’il avait vécu.

Voici ci-dessous le texte de Lucien qui décrit ce tableau disparu, et dont s’est servi Botticelli pour réaliser son œuvre :

« Sur la droite est assis un homme qui porte de longues oreilles, dans le genre de celles de Midas : il tend de loin la main à la Délation qui s'avance. Près de lui sont deux femmes, l'Ignorance sans doute et la Suspicion. De l'autre côté on voit la Délation approcher sous la forme d'une femme divinement belle, mais la figure enflammée, émue, et comme transportée de colère et de fureur. De la gauche elle tient une torche ardente ; de l'autre elle traîne par les cheveux un jeune homme qui lève les mains vers le ciel et semble prendre les dieux à témoin. Il est conduit par un homme pâle, hideux, au regard pénétrant ; on dirait d'un homme amaigri par une longue maladie. C'est l'Envieux personnifié. Deux autres femmes accompagnent la Délation, l'encouragent, arrangent ses vêtements et prennent soin de sa parure. L'interprète qui m'a initié aux allégories de cette peinture m'a dit que l'une est la Fourberie et l'autre la Perfidie. Derrière elles marche une femme à l'extérieur désolé vêtue d'une robe noire et déchirée : c'est la Repentance ; elle détourne la tête, verse des larmes, et regarde avec une confusion extrême la Vérité qui vient à sa rencontre. C'est ainsi qu'à l'aide de son pinceau Apelle représenta le danger auquel il avait échappé. » (Lucien LIX, 5)

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Chris 03-05-2015 Le webmaster test les commentaires

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